Les fraises de Plougastel

On connait la gariguette, et bien sûr les fraises d’Espagne qui envahissent les rayons de supermarché dès le moi de Mars. Mais connaissez-vous la fraise de Plougastel ? On la doit à Mr Frésier – cela ne s’invente pas. Au début du 18ème siècle, l’ingénieur maritime Frésier – ça ne s’invente pas : quel nom prédestiné ! – rapporta du Chili un plant de fraises dont il fit don au jardin botanique de Brest. En Europe, on ne connaissait à l’époque que la fraise des bois, farouche et sauvage, toute petite… mais quel parfum ! On chercha du coup à cultiver ce délice et à le sortir des bois. Et on réussit. Le plant de Frésier fit des petits et, vers 1770, le fruit mit le pied sur la presqu’île de Plougastel.

fraise

Il s’y plut tant et si bien qu’il fit bientôt la réputation de la région. Des sols fertiles de limons enrichis de goémons, un climat adouci par le Gulf Stream, sont les atouts naturels qui font de la presqu’île la terre d’élection de la fraise. En 1940, le village produisait un quart de la production française à lui tout seul. Chaque année, le deuxième dimanche du mois de juin, a lieu la fête de la Fraise à Plougastel, et le village s’est même doté d’un musée de la Fraise ! Les autres régions françaises de culture de la fraise sont le Périgord, qui bénéficie d’un Label Rouge et d’une indication géographique protégée – ce sont des immigrés bretons qui y ont introduit la fraise après la Première Guerre mondiale – et la région de Carpentras, en Provence, où d’ailleurs on organise aussi une fête de la Fraise chaque année à la mi-avril. La fraise est un dessert à elle toute seule tant son parfum est riche de plus de quatre cent cinquante arômes : nature, à peine trempée dans du sucre, elle suffit amplement au bonheur. Mais il faut avouer qu’un bon fraisier, une génoise aérienne, une mousseline fine et des fraises mûres à point font un moment de bonheur exquis.

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